|

LA CHRONIQUE 16
Mon Mouloudia du cœur,
au beurre en leurre
De tous les nostalgiques du vécu céleste,
passant par les falsificateurs d’histoires jusqu’aux
despotes effaceurs de mémoires mon Mouloudia aura
connu trois époques différentes, de celle de la
jeunesse auguste face à l’oppression occulte qui
n’avait encore dévoilé son vrai visage…mais le pain
chaud de maman était bon, façonné de mains tendres,
aussi maigre qu’il soit se partageait en mille
morceaux dans l’obligeance.
Dieu, le prophète, maman, papa et le Mouloudia tous réunis
dans mon cœur sous l’ère de l’exemption & de la droiture ancestrale…..Hamoud
Aouf le concepteur de l’édifice, Djazouli le feu d’artifice, Derriche
l’inlassable des offices, Djaoud le persuasif, rimant de clairvoyance & de
lucidité……..l’histoire de mon club, le premier de ma nation, temps des supplices
infligés, sang de martyres amalgamé aux couleurs vertes du paradis qui venait de
s’ouvrir au peuple.
La continuité aux rythmes contrastés de modestie et de
loyauté incrustés dans les mœurs de mon tendre club pas comme les autres,
Khabatou, Drif, Belamane, Katrandji….tant de noms à faire chanceler la mémoire
afin que nul n’oublie. J’en rage de les avoir perdu de vue mais de tels
souvenirs d’hommes ne s’effaceront jamais.
« L’on ne vend pas la terre sur laquelle on marche » disait
Tasunka witko, la terre et l’histoire sont liées à la nation, la notre est le
Mouloudia Chaabia d’Alger de par son emblème représentant les couleurs
nationales avant même qu’elles ne soient officielles, coulant dans les veines de
chaque algérien fier de cette appartenance.
Les règles éclaboussées par tant de malveillance depuis,
l’histoire d’hier devînt subitement banale aux yeux des forcenés de la nouvelle
tendance d’un « trabendisme » avoué publiquement, point de place au cœur……j’en
rage de la mémoire piétinée par tant d’insolence de ceux qui muselèrent
l’épanouissement enclenché, ces perfides personnages de mon présent damné que je
ne pensais retrouver sur un chemin que les braves me tapissèrent d’amour et de
fierté, je crains que mes cries de détresse ne puissent se faire entendre dans
le brouhaha des « conférenciers » burlesques qui, veulent faire de mon Mouloudia
la risée du siècle, de quoi ne pas me sentir fier de ce qu’il adviendrait de mon
vert et rouge sacré dans un futur controversé…dont j’ai tellement peur !
Maillots de mes couleurs martyres disputés, lynchage de mon
histoire qui disparaît comme par enchantement au crépuscule obscure sans que je
puisse voire pour la dernière fois sa splendeur, l’obscurité s’en prendrait
alors de mon optique & que jamais je ne puisse suivre tes péripéties de près,
ils veulent tout prendre même les sandwichs de mes frères que j’ai moi-même
confectionné un matin ensoleillé, où dois-je les cacher ? La moisissure s’en
prendrait au carton couvert de liège, désolé mes frères même si j’aurais tout
tenté…vainement !
Vendredi à l’aube j’irais tout de même me recueillir sur la
tombe des braves précurseurs du début de mon identité reconnue le 7 août 1921
avant qu’elle ne soit officielle le 5 juillet 1962, j’irais leur raconter les
déboires de mon amour conspué, je leur parlerai de l’arbre planté la veille de
la naissance du plus cher être sur terre, qu’on veut arracher de ses
racines…..désormais n’étant plus habillé de ses feuilles vertes qui couvraient
l’exquis des fraises imbibées de leur eau de vie……..point de vie depuis que vous
êtes partis…..ce qui me rend inconsolable !
Cet été sera chaud comme le précédent, voire plus
ardent…l’on prépare les bûchés les mieux tronqués, les vives flammes s’élèveront
très hautement dans le ciel, gars à ceux qu’on lâchera dans l’enfer, dors & déjà
réservé à la grillade collective.
Que Dieu protège mon Mouloudia & ceux qui l’aiment…….le
reste ; qu’il aille au diable !
26/04/2008
Redaction:Mustapha
Hamidi
MOULOUDIA.ORG |